1935
Une exposition universelle se tient au Heysel. Un pavillon de la télévision permet au visiteur de découvrir une nouvelle technologie de transmission d’images. Un chanteur ou un musicien se produit dans une cage de verre, sous le feu de huit « sunlights », devant un appareil de prises de vues. Un disque d’aluminium perforé de trous en spirale tourne à quinze cents tours pour filtrer la lumière. Chaque rayon frappe une cellule photoélectrique et est transmis, sous forme d’ondes, à un récepteur formé principalement d’un ballon de verre dont le dessus est recouvert d’une substance fluorescente. L’image est reconstituée par points lumineux.
L’ « écran » ne dépasse pas les vingt centimètres carrés mais il suscite l’engouement, à tel point, que pour éviter que les spectateurs ne s’agglutinent, un tapis roulant a été installé. C’est la préhistoire de la télévision belge.
1951
Sur pression de l’industrie électronique, le gouvernement charge l’INR d’assurer un service expérimental de télévision. L’initiative est entourée de scepticisme, même si six mille récepteurs ont été déjà recensés dans le pays : les détenteurs regardent principalement des programmes français. Des équipes de techniciens belges se mettent donc à l’ouvrage, d’abord en circuit fermé. Cette timide première phase dure deux ans, avant que les équipes, qui apprennent les métiers sur le tas, ne se sentent prêtes.
1953
Le premier programme est lancé : il s’agit d’une émission de variétés intitulée Boum avec, entre autres, Juliette Gréco. Elle n’est visible que dans un rayon de quarante kilomètres autour du palais de justice bruxellois. Mais les spectateurs se massent devant les magasins d’appareils radiophoniques qui, en vitrine, retransmettent l’événement. La première speakerine annonce le modeste programme de la soirée, demande la bienveillance et l’indulgence du public….Le succès est au rendez vous. La télévision belge est née. Elle émet six jours sur sept, deux heures par jour.
1954
Le couronnement de la reine Elisabeth d’Angleterre donne une nouvelle dimension à l’échange quotidien d’actualités entre télévisions de différents pays. A cette occasion, des commentateurs parlent en anglais, en allemand, en italien, en français, en néerlandais et en danois sur les mêmes images. Peu après, la rencontre de football Belgique-Angleterre comptant pour la Coupe du monde, retransmise en direct depuis Bâle, provoque le délire. La télévision démontre ainsi sa capacité à abolir les distances, les frontières et les diversités linguistiques. L’Eurovision est née avec sa mire et son inimitable générique, une musique de Charpentier.













